

L'ivoire végétal est l'albumen du Palmier à Ivoire ( Phytelephas macrocarpa), on le trouve au cœur de la forêt amazonienne en Équateur, Colombie, Brésil et Pérou.
Avant
de mûrir, le fruit de ces palmiers offre un lait sucré que les
Indiens apprécient, puis cet albumen se durcit pour devenir l'ivoire
végétal, que l'on nomme Tagua en espagnol, Jarina en Portugais et Corozo en français.
Le
terme Phytelephas dérive du grec phyton = plante et elephas = éléphant
et le terme Macrocarpa fait allusion aux dimension notables des fruits.
Les
Indiens consomment aussi le bourgeon de ce palmier et se servent de
ses immenses feuilles (jusqu'à 6 mètres de long) pour recouvrir leurs
huttes. Les coquilles sont utilisées comme combustible et brulés comme le charbon
de bois.
Dès
le moment de sa découverte par les Européens, l'ivoire végétal connaît
un certain succès. Un jour de 1865, un bâteau quitte le port
d'Esmeraldas, en Équateur à destination de Hambourg. Presque vide, il
accepte de prendre à bord une cargaison de tagua dont la région est
connue pour produire une variété d'excellente qualité. Les Allemands
découvrent avec intérêt l'ivoire végétal et se mettent à en fabriquer
des boutons et de petits objets d'ornement.
En Europe, l’origine de la tagua est un secret que les Allemands ne
tiennent pas à divulguer, en effet les artisans italiens sont obligés
d’aller chercher la matière première jusqu’en Allemagne. Certains
pensaient que l’ivoire végétal provenait d’Afrique et ce, jusqu’à l’ouverture
du canal de Panama, qui augmenta le flux de bateaux dans la région...et permit aux espions de découvrir le secret de de l'origine du corozo.
Dans les année 1950 la concurrence du plastique fait tomber la tagua en désuétude...mais grâce à l'action de quelques associations motivées, en particulier Robin des Bois en France, l'ivoire végétal fait sa réapparition en Europe.
En
1968, quelques fabricants italiens visitent l’Equateur pour la
réactivation du commerce de la tagua qui présente l’avantage d’être un
produit naturel, et une véritable alternative à l'ivoire animal. De
plus, un bouton en tagua est unique, la nature ne fait pas deux graines
identiques, comment le comparer avec les boutons industriels en
plastique!
Certains créateurs de bijoux s'y
intéressent désormais, comme Christian Dior, Yves Saint Laurent ou encore valentino et se montrent satisfaits de ce très beau matériau.
Si
la Tagua représente bien souvent un revenu économique important pour de
nombreuses communautés et une source de développement potentiellement
très importante, elle n'est est pas moins, quoiqu'on en dise, une
véritable alternative à l'ivoire naturel, et on ne le dira jamais assez...
Le
commerce de graines pour l'artisanat représente aujourd'hui une source de
travail importante pour les familles de 'ribeirinhos' (population locale d'
Amazonie), et améliore ainsi leur qualité de vie, tout en évitant qu'elles partent travailler dans les scierie
illégales e/ou les mines d'or.
...voici Le Palmier d'Ivoire...

uction
d’ivoire.